Devant la porte bleue ...

dimanche 20 avril 2014

DEVANT LA PORTE BLEUE ...

Je suis là, devant cette porte bleue qui peut en fasciner plus d’un. Devant la plaque dorée où il y est écrit en majuscules « PRINCIPAL », j’ai peur... Je comprends ces autres élèves qui, debout devant cette porte terrifiante, ont, avant moi, connu la peur eux aussi, la boule au ventre, les mains moites, la peur de se faire réprimander, la peur de se faire exclure, la peur que les parents soient au courant, la peur du Principal... Toutes ces peurs... La peur de la porte si terrifiante !

A attendre dans ce couloir, devant cette porte qui, à ce moment-là paraît être un monstre bleu, je me demande même si la porte n’est pas plus terrifiante que le Principal. D’ailleurs, il serait bien le seul, lui, à ne pas en être effrayé. Personne n’aimerait se retrouver ici et je peux vous dire qu’après avoir fait une bêtise aussi grave, je n’ai aucune envie de recommencer. Quand je vois mes camarades qui en ressortent, ils sont tout chamboulés par les événements qui viennent de se passer. Les bons élèves ou « les intellos » comme je les appelle, eux, se demandent bien ce qui peut se passer derrière cette porte.

A attendre là, tout seul dans ce couloir, je m’attends à tout. J’essaie de tendre l’oreille pour entendre ce qui se passe derrière cette porte terrifiante, mais malheusement ce monstre ne laisse rien passer.

En regardant de plus près cet écriteau doré : « PRINCIPAL », je pense à tout ce qui compte dans ma vie, un peu au « principal de ma vie » : Je repasse dans ma tête tout ce qui pourrait se passer derrière cette créature bleue... Je repasse dans ma tête l’image de mes parents, qui ne seraient pas très fiers de me voir ici. Je repasse dans ma tête toutes les réactions que pourraient avoir le Principal et mes parents en apprenant ce que j’ai fait. Je repasse dans ma tête tout ce que je pourrais dire à mes parents en rentrant à la maison ce soir (si je rentre chez moi un jour...) : « Papa, maman, s’il vous plaît, ne me disputez pas, ce n’est pas moi qui ai fait ça ! Je n’ai été exclu que trois petits jours de rien du tout ! » Je repasse dans ma tête tout ce que je pourrais dire à mes amis en sortant d’ici : « Je n’ai même pas eu peur, le Principal m’a exclu trois jours, mais ce n’est pas si grave que ça, en fait, je m’en fiche ! ». Je repasse dans ma tête ce que pourrait dire ma sœur quand elle, elle ira au collège, alors que moi je resterai tranquillement à la maison. Je repasse tout ça dans ma tête quand tout à coup la porte s’ouvre... Je vais enfin percer le mystère de cette porte terrifiante. L.M